Archive | Journalisme

Tags: , , , , , , , , ,

Les medias en ligne français utilisent-ils suffisamment le rich media

Posted on 31 mars 2014 by admin


Interview d’Alain Joannès par Internet-Opinions

livreblanc3

Alain_Joanne_s_2

Cette vidéo a certes quelques années (2008) mais au cours de cet entretien, le journaliste Alain Joannès, aujourd’hui disparu, évoque les différences fondamentales entre les médias anglo-saxons et les médias français dans leurs façons d’approcher ce nouveau canal d’informations : le web. Il est auteur de plusieurs livres dont « Data journalisme. Bases de données et visualisation de l’information », édition CFPJ, 2010

“Le datajournalisme* permet la production d’une information à haute valeur ajoutée”

Il existe, encore aujourd’hui, certaines réticences à l’utilisation de nouveaux outils comme le son, l’image ou encore l’animation pour enrichir un contenu journalistique. Il y a sûrement un fossé générationnel pour l’expliquer, mais l’excuse cache souvent une raison plus inavouable : le refus de remettre en question son métier et cette nouvelle façon de l’exercer.  Peut être est-ce typique de la culture française…

Je vous laisse écouter…

Jean-Noël TOUBON

*Le journalisme de données, également appelé datajournalisme, est un procédé journalistique qui consiste à analyser des bases de données, afin d’en retirer du contenu informationnel. Celui-ci est ensuite retranscrit sur Internet sous forme d’interfaces visuelles interactives.

ebook-media-web-1

 

Share this:
Share this page via Email Share this page via Stumble Upon Share this page via Digg this Share this page via Facebook Share this page via Twitter

Commentaires (0)

Tags: , , , , , , , ,

La patron de Google News s’adresse à des éditeurs en ligne

Posted on 25 mars 2014 by admin

livreblanc3

Je suis tombé sur cette interview du patron de Google+ et de Google News, Richard Gingras, qui s’adressait à 70 éditeurs français en ligne. Je trouve cette interview essentielle et très très intéressante car elle est concrète et il ne mâche pas ses mots. Chaque média en ligne devrait lire cet entretien capital pour comprendre les années futures de la presse en ligne.

Extraits

Créer une culture du travail intégrant l’innovation permanente

« Le rythme de l’innovation ne diminuera pas, il va même s’accélérer. Penser que nous sommes aujourd’hui dans une phase de transition qui nous emmènerait d’un état de médias vers un autre état de médias est profondément absurde (…)

L’innovation ce n’est pas juste une nouvelle interface-utilisateur sexy. Ce n’est pas seulement ce que nous produisons, c’est aussi comment nous le produisons. C’est prendre des risques et essayer des choses ».

« De même, je pense aujourd’hui que la transformation est un mot dangereux. La transformation implique des compromis, implique de relier le passé à l’avenir et débouche souvent sur des innovations cruciales pour l’avenir, mais influencées de manière dangereuse par l’expérience du passé. Avec au bout une amélioration partielle, alors que l’avenir exige un changement radical dans les manières de penser de facteur 10 ».

«Il y a beaucoup, beaucoup de questions. Aucune n’est facile (…) Et il n’y a pas de réponse unique (…) mais je ne vois pas cette nouvelle période autrement que comme une renaissance de la créativité dans les médias et leurs technologies. Tous les chiffres, toutes les données, toute l’expérience des 15 dernières années le montrent. Elle ne surgira certes pas sans défis, sans de nouvelles disruptions, sans de continuelles innovations. Mais elle surgira. »

« Franchement que nous le voulions ou non, cette re-création de tous les aspects des médias interviendra car de jeunes innovateurs et entrepreneurs, sans les bagages du passés, sans modèles à protéger, saisiront les opportunités à partir d’une feuille blanche. »

Richard Gingras

L’avenir du journalisme dépend de formes non encore inventées

« Nous sommes dans une ère plus journalistique, où tout le monde peut participer, où la forme même du journalisme a changé. Nous sommes tous des journalistes. Nous sommes tous des éditeurs. (…) Pour moi, il n’y a aucun doute que l’avenir du journalisme sera meilleur que son passé. La question est seulement de savoir au bout de combien de temps le nouvel écosystème prendra forme et combien de temps il nous faudra pour nous habituer à sa nature plus chaotique ».

Programmer la programmation

Après le search, les liens et les réseaux sociaux, arrivent aujourd’hui les algorithmes qui vont « vous mettre en relation avec des gens que vous ne connaissez pas, mais que vous devriez connaître (…) J’appelle cela programmer la programmation pour orienter la découverte en combinant des algorithmes à vos graphes sociaux, civiques, de centres d’intérêt, de temps et d’événements, de comportements et de localisation ».

« Proposer tous les contenus pour tout le monde ne fonctionne plus dans l’univers du web, riche de milliers de produits destinés à autant de niches d’audience.»

Il est plus important de développer une expertise que d’essayer de s’adresser à tout le monde en même temps : « l’expertise permet de passer au dessus de toutes les autres voix. »

Lire la suite de l’entretien en suivant ce lien

ebook-media-web-1

Share this:
Share this page via Email Share this page via Stumble Upon Share this page via Digg this Share this page via Facebook Share this page via Twitter

Commentaires (0)

Tags: , , , , , , , ,

Quel type d’internaute êtes-vous ?

Posted on 12 mars 2014 by admin

livreblanc3

Benjamin Bayard est un expert en télécommunications et ancien président de French Data Network, le plus ancien fournisseur d’accès à Internet en France encore en exercice. Cet expert diffuse régulièrement des conférences sur Internet et sur le web, son fonctionnement, ses logiques, ses utilisateurs etc. Ces conférences sont des mines d’information et de compréhension pour quiconque souhaite évoluer dans cet univers « nouveau’.

Lors d’une conférence, il a défini quels étaient les différents profils d’utilisateurs d’ »Internet ».

Et vous, ou vous situez vous ?

Parmi ces profils

L’acheteur :

L’acheteur est une personne qui achète Internet comme elle achèterait une paire de chaussure, il est commun de l’entendre dire « C’est mon Internet, je l’ai acheté chez Darty ». Quand Internet ne fonctionne plus, c’est Internet qui ne fonctionne plus, pas son ordinateur ou sa connexion. Elle fait partie de cette génération qui n’est pas née avec Internet, c’est Internet qui s’est imposé à elle. Comme les entreprises, dans un registre tout autre qu’est la publicité,  elle a tout simplement transposé dans le numérique les habitudes qu’elle avait dans le monde physique.

Le Kikoolol :

Le kikoolol est celui ou celle qui vous agace sur les réseaux sociaux en postant des photos, des vidéo pénibles ou vous devez mettre « j’aime » avant de vous rendre compte que vous avez perdu 5 minutes de votre vie à regarder un chien sur une planche à voile ou qui pollue votre boîte mails de photos de chat ou de blague de c… Internet est un terrain de jeu idéal pour cela, un univers potache, divertissant. C’est le niveau 1 de l’utilisateur, il est débutant.

Le lecteur :

Le lecteur est cette personne qui découvre un beau jour qu’elle peut aussi lire son journal préféré sur Internet et oh incroyable elle peut aussi y laisser un commentaire ! Les premiers commentaires du lecteur sont ni plus ni moins qu’un cri du cœur en pensant qu’il sera écouté et lu. Il n’est pas rare de voir son commentaire terminé par 5 points d’exclamation ou en lettres majuscules.

profil

Le râleur :

Le râleur est quelqu’un qui commence régulièrement à poster des commentaires pour exprimer son mécontentement. Chose loin d’être anodine puisque il y a encore 20 ans, personne n’avait l’opportunité de s’exprimer publiquement. La meilleure chose qui pouvait  vous arriver était d’espérer être publié dans votre journal favori après avoir envoyé votre remarque au courrier des lecteurs. Autant dire tout de suite que vous n’aviez que très peu de chance d’être publié, un journal papier n’étant, en plus, pas extensible en place. C’est à cette étape précise que vous devenez internaute, c’est la liberté de parole, même pour dire n’importe quoi. Le râleur a cette faculté de lire différentes sources d’informations et commence à recouper. Auparavant les personnes qui effectuaient cette tâche étaient des spécialistes, il s’agit d’une revue de presse, ni plus ni moins.

Le commentateur :

Le commentateur se différencie du râleur par la conviction qu’il sera lu. Il ne se content plus de se plaindre ou de râler mais il commence à rédiger des phrases plus complexes, il argumente, il enrichit son propos par des liens. Il devient cohérent. Fait nouveau et fondamental, il accepte d’être contredit, il sait qu’il peut être corrigé… Les hommes politiques ne s’y font pas et ne comprennent pas, voire n’acceptent pas qu’un internaute/citoyen puisse prendre la parole et puisse se construire un point de vue critique cohérent et argumenté.

L’auteur :

La palier qui fait de vous un auteur, c’est le moment ou vous commencez à écrire des commentaires trop longs. Vos commentaires font trois pages, se noient dans les autres commentaires…bref l’idée vous vient d’ouvrir un site ou un blog pour y publier vos propres articles. Sur un sujet donné, vous avez identifié les sites qui font autorité, vous avez un esprit critique sur ce sujet, vous avez quelque chose de construit et précis à apporter au débat. Vous devenez expert.

L’animateur :

Un animateur est un auteur qui a ses propres commentateurs sur son propre site. Il anime une équipe de commentateurs, il publie des articles à partir des conversations entres commentateurs, il devient chef d’orchestre ou…rédacteur en chef. Quand on en arrive là, vous devenez un citoyen « éclairé » qui sait débattre de manière contradictoire par écrit et en public…Vous devenez un danger pour la classe politique. Ce qui autrefois était leur pré carré, devient un terrain de jeu ouvert à tous.

Ces profils sont tirés et ont été théorisés par Benjamin Bayard dans cette conférence que je vous invite à regarder ! VOIR LA CONFERENCE

Jean-Noël Toubon

ebook-media-web-1

Share this:
Share this page via Email Share this page via Stumble Upon Share this page via Digg this Share this page via Facebook Share this page via Twitter

Commentaires (0)

Tags: , , , , , , , , , , , ,

Le métier de journaliste va-t-il disparaître avec Internet ?

Posted on 03 avril 2013 by admin

livreblanc3Lorsque vous décidez de lancer une activité sur Internet, la plus grosse difficulté est d’accepter l’idée selon laquelle le pouvoir n’appartient plus aux marques mais à l’internaute. C’est une difficulté car ce n’est jamais agréable de se dire que l’on ne dira plus et ne fera plus ce que l’on veut quand on veut. Prenons l’exemple des média. Avant Internet, la structure hiérarchique du pouvoir sur l’information était claire. Le journaliste proposait une information, le lecteur en disposait. Les possibilités de réponses étaient plus que réduites, il fallait faire partie de l’heureux élu qui allait être publié dans le courrier des lecteurs et encore il y avait en amont un premier filtre, le journaliste.

Le pouvoir était hiérarchisé de façon verticale, il fallait soit croire les média que vous suiviez soit faire l’effort de lire et écouter beaucoup de média différents pour vous faire votre propre opinion…ce que personne ne fait évidemment, trop cher et pas assez de temps. C’était extrêmement frustrant de lire ou d’entendre une information que vous estimez fausse et de ne rien pouvoir faire si ce n’est hurler chez vous, mais personne ne vous entend !

Cette situation est évidemment confortable pour les journalistes car non seulement ils ne peuvent pas être contredits publiquement mais en plus l’information en chasse une autre, l’information s’oublie vite et facilement. Cette situation leur donne (donnait?) un pouvoir considérable d’influence sur l’opinion. Il était très aisé de faire passer une idéologie ou d’en attaquer une autre. C’est pourquoi avec l’arrivée du web, le pouvoir s’est organisé et structuré différemment.

« Sur Internet : plus aucune hiérarchie, plus aucune élite. »

Votre voisin a potentiellement autant de pouvoir que le rédacteur en chef du Monde. Tout le monde est sur le même pied d’égalité. Le pouvoir est structuré de façon horizontale.
Sur Internet, un contenu vit. Dans un média traditionnel, un contenu est contrôlé, vérifié et est ensuite diffusé, il devient donc figé, il n’y a pas la possibilité de réponse, de contre-argumenter, de corriger…Sur Internet, l’internaute dispose d’une quantité d’outils lui permettant d’enrichir le contenu sans cesse (vidéo, photo, audio, powerpoint, texte…). Le processus de création est inversé, auparavant cela se passait en amont, désormais ce sera en aval, les internautes s’emparent de votre contenu. Un article prend souvent de la substance grâce aux commentaires qui argumentent, contre-argumentent, étayent…Il arrive parfois que les commentaires soient plus intéressants que l’article en lui-même et ils génèrent souvent plus de trafic que l’article, les journalistes à l’ego démesuré vont vivre de sales moments.

Les média traditionnels ont perdu leur pouvoir car ils vivaient d’informations qui ne nous étaient pas disponibles or Internet a inversé la tendance, l’internaute peut avoir des informations que le journaliste n’a pas. L’internaute est devenu le média, pour avoir du pouvoir et se faire entendre, il vous faut beaucoup de connexions, plus il y aura d’utilisateurs dans votre réseau, plus ce réseau aura de la valeur et plus votre influence sera grande. Cette théorie a été énoncée par Robert Metcalfe (fondateur de la société 3Com et à l’origine du protocole Ethernet). Il rapporte que “l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs.” En clair, le potentiel d’un individu, son émancipation, sa valeur sont proportionnels au nombre de personnes auxquelles il est connecté.
Certains journalistes souhaitent protéger leurs articles en invoquant leurs droits d’auteur lorsque celui-ci doit être diffusé sur Internet afin d’éviter que l’article se retrouve partout sur Internet. C’est dire le décalage de compréhension qu’ont ces journalistes avec le fonctionnement d’Internet. Comment leur expliquer que leur texte est souvent une base de départ à une longue discussion entre les internautes, qu’il sera taillé, disséqué, modifié…En somme, si certains demandent des droits d’auteur pour leur article, ce sont l’ensemble des internautes-rédacteurs qui devraient en demander autant. Car comme nous l’avons vu, l’opinion de ces journalistes n’est pas moins ou plus importante que la mienne.
Quand vous avez un tel pouvoir sur l’opinion, vous ne pouvez pas facilement accepter de le laisser. Il est donc très compréhensible que certains s’opposent farouchement à cette liberté d’écrire et de diffuser car les “vendeurs d’opinion” comme

« les éditorialistes par exemple sont des professions qui ne sont plus légitime avec Internet. »

Internet est un endroit ou se diffuse essentiellement des opinions, les internautes deviennent de plus en plus éclairés, en quoi les opinions de ces personnes seraient plus pertinentes que les miennes ou celles de mon voisin ? Seules les journalistes qui apporteront une réelle valeur ajoutée comme l’enquête de terrain par exemple seront utiles et pertinents.
On parle souvent de la mort du métier de journaliste mais ce n’est pas le journaliste qui va disparaître c’est le journaliste inutile qui va soit annoncer des faits, des événements comme par exemple : “hier il faisait -20 dans l’est de la France, ils annoncent de la neige”, soit nous vendre une opinion comme par exemple “La gauche est comme ci, la droite est comme ça…”. Le journaliste qui apportera une compétence qu’un internaute ne peut pas avoir restera, les autres disparaîtront.

Jean-Noël TOUBON

ebook-media-web-1

Share this:
Share this page via Email Share this page via Stumble Upon Share this page via Digg this Share this page via Facebook Share this page via Twitter

Commentaires (6)

Advertise Here
Advertise Here